L'invasion de la coccinelle asiatique.Traditionnellement, notre amie coccinelle jouit d'une bonne réputation : elle ne pique pas, elle ne vole pas de manière agaçante et surtout, elle mange les pucerons, ce qui en fait un précieux allié du jardinier. Cependant, l'arrivée de la coccinelle asiatique pourrait changer cette perception et transformer notre image de bête à bon dieu en petite peste dont on souhaite se débarrasser.
OrigineDepuis 1994, Harmonia axyridis, plus communément appelée coccinelle asiatique, a élu domicile au Québec.
Plusieurs introductions avaient déjà été faites aux Etats-Unis pour la lutte biologique depuis le début du 20e siècle.
Mais ce n'est qu'en 1988, en Louisiane, qu'un premier établissement de la coccinelle asiatique a été officiellement signalé.
DescriptionCette coccinelle présente une grande variabilité de couleurs, sa robe allant du noir au jaune, en passant par le rouge et le orange.
La variabilité de couleurs et de motifs la rend assez difficile à reconnaître. Certaines variantes sont identifiables grâce à une tache noire en forme de M sur le thorax.
Ce coléoptère mesure 6,5 mm de long environ.
Il fait partie des plus grosses espèces observables au Québec et en Belgique.
NuisancesLa coccinelle asiatique se répand très rapidement.
Très féconde et vorace, elle menace les espèces indigènes, non seulement en entrant en compétition avec ces dernières pour la nourriture et l'espace, mais aussi en se nourrissant des larves des coccinelles locales.
Elle provoque certaines nuisances pour l'homme.
En automne, les coccinelles asiatiques se regroupent pour chercher un abri pour l'hiver.
Elles peuvent envahir par milliers les maisons en utilisant toutes les ouvertures possibles.
L'insecte entre alors en hibernation et ne cause pas de dégâts.
Cependant, lorsqu'il se sent menacé, il émet un liquide nauséabond jaune orange qui peut tacher.
Et sa présence peut devenir agaçante.
La cohabitation est parfois pénible, comme le témoigne Madame Pratte, du Québec : « Une coccinelle dans mon verre de vin, trois ou quatre sur l'écran de télé, quelques dizaines qui se baladent dans les fenêtres, c'est comme ça tous les jours, du mois d'octobre à la fin d'avril, début mai. Imaginez, je passe l'aspirateur manuel trois fois par jour, je les compte une à une.
À quelques reprises, j'en ai capturé autour de 1000 dans une seule journée.
Maintenant, je ne parle plus que de coccinelles.
Elles ont envahi mon existence ».
Des cas d'allergies ont été signalés et une étude d'impact (en anglais) faite en Ohio montre que près de 25% des insectes adultes mordent. L'insecte peut aussi causer des dommages aux fruits déjà endommagés. Certains viticulteurs américains rencontrent également des problèmes : les insectes présents sur les grappes et pressés avec le raisin donnent un goût acre au vin et peuvent le rendre invendable.
Que se passe-t-il en Europe ?
La coccinelle asiatique a été volontairement relâchée en Belgique en 2001 pour combattre d'autres insectes indésirables.
Sa propagation est rapide.
Le groupe de travail GT Coccinula suit la progression de la coccinelle asiatique en Belgique.
Harmonia axydiris est apparue en Angleterre en 2004 et un projet de surveillance a été mis en place (en anglais).
Selon cette révision d'ordonnance , la Suisse s'apprêterait à interdire l'emploi de la coccinelle asiatique.
En France, Harmonia axyridis est présente sur le territoire.
L'INRA a sélectionné une souche non volante qui serait encore commercialisée et qui n'aurait pas d'impact sur l'écosystème.

